Dame Saint-Sauveur : la folle assumée

Saint-Sauveur, belle grande fille facile, dans le bitume de tes rues les souvenirs s’empilent. Prolétaire, les deux pieds bien ancrés, sans chichis tu t’assumes. Bien à l’aise, même dans le plus modeste des costumes.

Chaque soir le long de ton corps je déambule et ta beauté me saoule. Éclectique à souhait, tu es blanche, jaune, brune, parfois sérieuse, souvent maboule. Colorée, tu nous accueilles tous sans juger. Y a pas à dire, Saint-Sô, tu sais recevoir.

Trop souvent perçue comme ouvrière, tu es pourtant riche d’histoire, de parcs, de jardins et que dire de ta rivière. Bien franchement, qui peut se vanter d’avoir autant de caractère?

Saint-Sô, tu vieillis, tu t’embellis et t’enrichis, en plus d’être bonne cuisinière, tu es une créatrice accomplie. Belle, extravagante, lunatique aux histoires insolites. Saint-Sô tu m’allumes, tu es sans contredit la meilleure acolyte.

Saint-Sô, ma vieille, ce n’est pas demain la veille que tu sombreras dans l’ennui, ta descendance se perpétue, nous léguant ta marmaille au futur ambigu.

Saint-Sauveur reste sans crainte, il n’y a aucun doute, l’avenir te sourit. Je jure de te représenter à l’infini. Saint-Sô ma belle, mon quartier, mon duché.

 

 

 

Marcelle Maheu

Saint-Sauveur