Montcalm, mon amour

Classique, photogénique, élégant. Montcalm est le témoin d’un Québec passé, encore vivant, qui mûrit doucement et en beauté, comme un vin qui vieillit bien en prenant de la valeur. La vie de quartier idyllique existe encore ici, presque intacte et rythmée par le bruit des talons hauts qui claquent sur le trottoir.

Quand le mercure descend, l’hiver, on reconnaît la Montcalmoise par ses bottes chics, jamais tachées de calcium. Tous âges et styles confondus, les femmes d’ici sont fières. Fières et pas nunuches pour autant; elles ont des choses à dire, elles sont informées. Parce que oui, ici, les gens sont des boulimiques de culture. Les bibliothèques, une espèce en voie d’extinction partout ailleurs, trônent dans tous les salons, même les plus petits. Je le sais parce que ça se voit la nuit tombée, une fois les lumières allumées à l’intérieur.

Mais Montcalm c’est aussi la rue Cartier; l’aimant à touristes l’été qui fait voyager les gens de Québec par le palais de l’Inde jusqu’en France en passant par l’Afghanistan. C’est ses rues, ses arbres, son architecture qui devraient inspirer un peu plus les cinéastes.

Principalement résidentiel, mais jamais plate, l’Upper East Side de Québec fait carrément le pont entre Sainte-Foy-la-Moderne et Saint-Jean-Baptiste. Pourquoi aller au centre-ville quand Montcalm, finalement, c’est là le centre de Québec?

Catherine Genest

Montcalm