Saint-Jean-Baptiste : l’urbanité en pleine face

Le faubourg, c’est le cœur de la ville perché sur la falaise, un tout petit cœur strié de côtes et d’escaliers, un casse-tête de sens uniques et de piétons rois. C’est la promenade le long de la vraie main, là où bien manger, boire beaucoup et rire se font de porte à porte.

Mon quartier, c’est la face populaire du passé, l’histoire des ouvriers et des familles peu fortunées. C’est un patrimoine marqué par le feu qui craint encore la fumée parce qu’elle ne vient jamais seule.

Ici, le voisinage n’est pas d’un autre temps, ni réservé aux banlieusards. Les voisins, on les voit bien, car les citadins ne croient pas aux rideaux, fiers qu’ils sont de leurs planchers qui se rient du niveau, de leurs escaliers combattant la gravité, d’habiter des souvenirs.

En arpentant les Saints- et Saintes-Quelquechose (c’est un sacré quartier!), on y croise de tout : corps éméchés de lendemain de fête nationale, punks plus que polis, hippies de passage et gauchistes de carrière, sympathiques fous et téméraires cyclistes, touristes semi-perdus et hordes de festivaliers… un portrait tout craché du village qu’est Québec sur moins d’un demi-kilomètre carré.

On met trop souvent de côté cet « autre bord des portes » au profit du Vieux-Québec carte postale. Mais SJB, c’est la beauté crue d’un quartier qui respire.

Caroline Décoste

Saint-Jean-Baptiste