La révérence, le glas de la revengeance

De la dizaine de billets que j’ai rédigés lors de cette folle aventure, en toutes circonstances (de soir, de nuit, de fatigue et de folie), celui-ci est le plus ardu. Cinq fois, je l’ai effacé, recommencé, reformulé. Pas à mon goût, trop sentimental ou trop gnochon, jamais le juste milieu entre le coeur et le pochon.

Ce soir, une reine sera couronnée. Peu m’en chaut. Je sais, je ne fais pas très combative. Mais c’est qu’à mes yeux, le voyage était plus important. Ce voyage qui m’a promenée dans tout mon duché, certes, surtout de haut en bas d’ailleurs, mais aussi à travers la ville. Car s’il y a bien quelque chose qui nous unit, duchesses de tout acabit, c’est cet amour profond, viscéral, presque indécent, cochon, gourmand de notre ville. Les quartiers ne sont que les organes d’une belle vieille grande femme de 400 ans que l’on nomme capitale. Cette femme, elle a chaque année, depuis maintenant trois ans, des amantes (et un amant) qui la célèbrent, la parcourent dans tous ses parcours sinueux, en font la star de leurs vies pendant 16 jours et 16 nuits.

Québec, tu es belle sous tous les angles. Surtout de Lévis. Même par en d’sour.

Québec, tu abrites mon faubourg d’amour, mon refuge, mon territoire, ma cachette, mon terrain de jeu, mon cocon, mon duché.

Lavigueur, ma longue promenade, mon cul-de-sac de rebord de falaise, mon trésor militaire, mes trottoirs imparfaits, mon flanc de montagne, tu es mon chemin vers mon nid.

Si les Anglais le disent...

Les chauffeurs à pieds – Valse du bonheur

J’ai la chance d’habiter une rue mythique du trad. À deux coins de rue, en face de la verrue d’édifice Bell, se trouve un bloc qui a vu passer, pendant près de 20 ans, presque tous les musiciens de trad de Québec. Les gars des Chauffeurs à pieds y ont habité et ont même dédié un album à ma rue. Alors, quand ils me jouent une valse du bonheur, je me dis que j’ai vraiment bien choisi ma rue.

Caroline Décoste

Saint-Jean-Baptiste