Le coin de rue gai de SJB

Non, il n’y a pas de village gai à Québec. Ou plutôt, il y a à peine un coin de rue. Mais il fait ma fierté, parce qu’il est dans mon duché.

Depuis 1998, à chaque fête du Travail, tout mon faubourg se met au rythme de Mylène Farmer (oh le cliché!) et, pendant trois jours, célèbre la diversité qui a fait la marque du quartier. Un arc-en-ciel à la main, l’autre qui tient un shish-taouk, le beat dans les pieds et le rire à gorge déployée, c’est comme ça qu’on fête les GLBT et toute leur trâlée d’amis.

Pourquoi le faubourg? Bon, je pourrais certainement faire tout un éventail de multipublications post-doctorales sur le sujet (parce qu’on est du monde beau, fin, généreux, sympathique, ouvert d’esprit, de party, bien fringué, qui chante juste, et j’en passe, en plus d’être terriblement modeste), mais Les Presses de l’Université Laval m’ont dit que c’était trop intéressant pour leur ligne éditoriale. Alors, j’ai rencontré Olivier Poulin, mon pote gai du cégep (et, accessoirement, coordonnateur à GLBT Québec). Selon l’avis d’Olivier, pas du tout scientifique, mais très sympathique, le faubourg Saint-Jean-Baptiste a probablement été naturellement désigné comme le « quartier gai », ou plutôt gay friendly, car c’est un quartier de mixité, marqué par les luttes populaires et champion de l’intégration.

Non, il n’y a pas de saunas à tous les deux pas, oui, le Drague est ouvert à tout le monde (même toi, le gars hétéro-un-peu-gêné-d’être-là-avec-sa-blonde-qui-a-trop-de-fun-qui-est-ben-open-pareil-même-s’il-en-frencherait-pas-un-gars-ouache-mais-tsé-sont-ben-fins-pareil), bref, c’est un quartier qui est juste un peu gai. Comme il est un peu grano, un peu snob, un peu ouvrier, un peu métalleux et un paquet d’autres affaires.

Et c’est devenu tellement big, la Fête Arc-en-ciel, que cette année, l’organisation a réussi à booker Madonna sur les Plaines. Ben kin.

On se pratique tout de suite. Dans le piton, vos haut-parleurs!

Caroline Décoste

Saint-Jean-Baptiste